mercredi , 23 août 2017

Bordeaux : les religions dans la ville

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La conférence inter-religieuse a apporté un message de partage, de tolérance et de paix.

La salle était déjà comble à 18 heures. Parce que le sujet passionne les Bordelais et qu’ils voulaient être certains d’avoir une place assise. Attendre les a donc rendus impatients. Et l’absence de communication quant au début envisagé de la conférence, agressifs. D’où l’arrivée d’Alain Juppé sous les huées de l’Athénée pour cette deuxième conférence inter-religieuse et citoyenne de Bordeaux.

Reste que le contenu de la réunion organisée par la mairie de Bordeaux sur le thème « Vivre ensemble dans la ville : regards croisés des religions » était particulièrement révélateur du climat de tolérance qui a toujours présidé aux relations entre religions dans la cité de Montaigne et de l’effort de réflexion mené par les représentants des différentes communautés. Pour répondre à la question posée, chacun d’entre eux a d’ailleurs voulu d’abord définir « la place de l’autre ». « Quelle place va avoir l’autre dans les entrelacs virtuels de la ville », s’interrogeait ainsi Françoise Cartau, déléguée régionale de l’Union bouddhiste de France avant de rappeler que cette place définissait « la vraie laïcité ». Tandis que le pasteur Emmanuel Alvarez, de la Fédération protestante de France, attestait du refus du repli identitaire et de la peur de l’autre.

La laïcité à préserver

Si Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux a posé « la laïcité comme le socle à préserver », il a néanmoins appelé à se méfier de l’ignorance. Une ignorance fustigée aussi par David Nacache, grand rabbin de Bordeaux et du Sud-Ouest, révélant que lors de la visite pour les Journées du patrimoine de la synagogue, la question lui a été posée de savoir où était l’autel. « Quel autel ? » « Celui où vous sacrifiez les animaux ». Le rabbin n’en a tiré aucune conclusion définitive mais auparavant il avait ouvert aussi la discussion sur les rapports de l’homme et de Dieu. En expliquant la place des chérubins ailes déployées au-dessus de l’Arche d’alliance, « parce que nous avons besoin du face à face, entre humains. » À l’abri du regard de Dieu. La place de l’autre dans la cité a aussi interpellé monseigneur Marc qui représentait les églises orthodoxes de Bordeaux, assurant que « le spirituel ne relève pas uniquement de la sphère privée » tandis que Mgr Jean-Pierre Ricard, cardinal archevêque de Bordeaux, « inquiet, a-t-il assuré, de la peur montante de l’islam » a placé son espérance dans le travail caritatif et social de toutes les religions, qui « montre qu’elles contribuent au vivre ensemble » et dans la capacité de chaque religion à être assez forte en interne pour entretenir les liens avec l’externe ».

Publié  HÉLÈNE ROUQUETTE-VALEINS /SUD-OUEST